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Pompes à chaleur

COP et SCOP d’une pompe à chaleur : lire la fiche et le rendement réel

Le COP donne le rendement d’une pompe à chaleur à un instant précis, le SCOP sa moyenne sur l’hiver. Voici comment lire une fiche technique, comparer deux modèles et savoir à quoi vous attendre par grand froid.

Publié le 28 septembre 2026 · 6 min de lecture

Ce qu'il faut retenir

  • Le COP mesure la chaleur produite pour 1 kWh d’électricité dans une condition d’essai précise (par exemple air à 7 °C, eau à 35 °C) ; le SCOP en fait la moyenne sur une saison de chauffe type.
  • Pour comparer deux PAC air/eau, prenez le SCOP ou l’efficacité saisonnière (Etas) à la même température d’eau, 35 °C ou 55 °C, et pour le même climat de référence.
  • Pour la prime énergie, une PAC air/eau doit atteindre une efficacité saisonnière d’au moins 126 % en basse température ou 111 % en moyenne et haute température.
  • En conditions réelles, l’ADEME a mesuré un COP moyen de 2,9 sur 100 maisons, avec des écarts de 1,8 à plus de 4 selon la pose et les réglages.

Sur les brochures, les pompes à chaleur affichent des COP de 4 ou 5, et les devis rivalisent de sigles : COP, SCOP, Etas, SEER, A+++. Ces chiffres sont exacts, mais ils ne se comparent pas n’importe comment, et aucun ne dit à lui seul ce que la PAC consommera chez vous en janvier. Voici comment les lire, lesquels regarder en priorité et ce que montrent les mesures réalisées dans de vraies maisons.

COP et SCOP d’une pompe à chaleur : ce que mesurent ces chiffres

Le COP (coefficient de performance) est le rapport entre la chaleur fournie et l’électricité consommée, à un point de fonctionnement donné. Un COP de 4 signifie que la PAC restitue 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité. Il est mesuré en laboratoire dans des conditions normalisées, notées sous la forme A7/W35 pour une PAC air/eau : air extérieur à 7 °C, eau de chauffage à 35 °C. C’est une condition favorable, qui ne représente pas l’hiver.

Le SCOP (coefficient de performance saisonnier) corrige ce défaut : il calcule une moyenne sur toute une saison de chauffe, en tenant compte de la répartition des températures extérieures d’un climat de référence. Les fabricants l’indiquent le plus souvent pour le climat « moyen » européen, et pour deux températures d’eau : 35 °C (plancher chauffant, grands radiateurs) et 55 °C (radiateurs classiques).

L’Etas (ou ηs, efficacité énergétique saisonnière) est la traduction réglementaire du SCOP, exprimée en pourcentage d’énergie primaire. Il se calcule en divisant le SCOP par un coefficient de conversion de 2,5, puis en retirant quelques points de correction : un Etas de 126 % correspond approximativement à un SCOP de 3,2. C’est ce chiffre qui détermine la classe énergétique et l’accès aux aides.

Pour le rafraîchissement, on parle d’EER (instantané) et de SEER (saisonnier), qui se lisent de la même façon.

Lire la fiche technique d’une pompe à chaleur

Une fiche technique ou une étiquette énergie réunit plusieurs indications. Voici celles qui comptent, et l’usage à en faire.

IndicationCe qu’elle mesureComment l’utiliser
COP A7/W35Rendement instantané, air à 7 °C et eau à 35 °CChiffre flatteur, utile seulement pour comparer des modèles à conditions égales
COP à -7 °C ou avec eau à 55 °CRendement dans une condition plus difficileMontre la tenue de la PAC par grand froid ou avec des radiateurs chauds
SCOP à 35 °C ou 55 °C, climat moyenRendement moyen sur une saison de chauffe typeLe bon chiffre pour comparer, à la température d’eau de vos émetteurs
Etas (ηs) en %Efficacité saisonnière en énergie primaireÀ comparer aux seuils de 126 % ou 111 % exigés pour les aides
Puissance calorifique à la température de baseChaleur disponible les jours les plus froidsDoit couvrir les déperditions calculées, appoint compris
Niveau de puissance acoustiqueBruit émis par l’unité extérieureÀ croiser avec l’emplacement prévu et la distance aux voisins

Règle d’or : comparez toujours deux PAC à la même température d’eau. Un SCOP à 35 °C d’un modèle n’a rien à voir avec un SCOP à 55 °C d’un autre. Si vos radiateurs ont besoin d’une eau à 55 °C, c’est ce chiffre, plus bas, qui vous concerne.

Le rendement réel en hiver

Le rendement d’une PAC air/eau baisse pour deux raisons : quand l’air extérieur se refroidit, et quand l’eau demandée par les radiateurs se réchauffe. Par grand froid, s’ajoutent les cycles de dégivrage de l’unité extérieure et, si la puissance ne suffit plus, l’appoint électrique intégré, dont le rendement n’est que de 1.

L’étude de l’ADEME sur 100 maisons donne des repères concrets :

  • un COP moyen mesuré de 2,9, avec des installations bien réglées au-delà de 4 et d’autres qui plafonnent à 1,8 ;
  • une PAC sur trois pourrait être plus performante avec de meilleurs réglages ou une pose plus rigoureuse ;
  • baisser de 10 °C l’eau qui circule dans les radiateurs fait gagner environ 1 point de COP ; passer de 55 à 45 °C améliore donc nettement le rendement ;
  • une PAC ne devrait pas démarrer et s’arrêter plus d’une fois par heure ; au-delà, le paramétrage est à revoir.

Traduit en consommation, l’écart pèse. Prenons une maison qui a besoin de 12 000 kWh de chaleur par an. Avec un SCOP de 4, la PAC consommerait en théorie 3 000 kWh d’électricité. Avec le COP moyen de 2,9 mesuré par l’ADEME, elle en consomme environ 4 100, soit plus d’un tiers de plus. Avec une installation mal réglée à 1,8, on dépasse 6 600 kWh : plus du double du chiffre théorique. D’où l’intérêt de soigner la pose autant que le choix du modèle.

Autrement dit, l’écart entre un SCOP affiché de 4 et un COP mesuré de 2,9 ne signifie pas que la fiche ment : la pose, la température d’eau, les réglages et l’eau chaude sanitaire font la différence. Notre guide de la pompe à chaleur air/eau détaille le rôle des radiateurs et de la loi d’eau.

Les seuils de performance exigés pour les aides

Pour ouvrir droit à la prime énergie, une PAC air/eau posée dans un logement doit afficher une efficacité énergétique saisonnière d’au moins 126 % pour une application basse température, ou 111 % pour une application moyenne ou haute température, selon la fiche BAR-TH-171 modifiée par l’arrêté du 15 décembre 2025, applicable depuis le 1er janvier 2026. La même fiche impose une note de dimensionnement remise au client et un régulateur de classe IV à VIII. MaPrimeRénov’ pose aussi des exigences de performance : faites confirmer par l’installateur, par écrit, que le modèle proposé est éligible.

Comparer deux devis avec ces chiffres

Deux devis pour la même maison peuvent proposer des modèles aux fiches techniques très proches et des résultats très différents une fois posés. Pour les départager, posez les mêmes questions aux deux installateurs et demandez des réponses écrites :

  • Vérifiez que les SCOP ou Etas indiqués correspondent à la température d’eau de vos émetteurs.
  • Demandez la puissance disponible à la température de base de votre région, et pas seulement la puissance nominale.
  • Exigez la note de dimensionnement et un réglage de loi d’eau personnalisé.
  • Demandez comment vous pourrez suivre les performances (compteur d’énergie, historique des cycles).
  • Préférez un installateur qui parle de loi d’eau et de température de départ sans que vous ayez à poser la question : nos critères sont dans l’article comment choisir son installateur.

En résumé

Ne choisissez pas une pompe à chaleur sur son COP affiché : comparez le SCOP ou l’Etas à la température d’eau de vos radiateurs, vérifiez la puissance par grand froid et l’éligibilité aux aides. Ensuite, la performance réelle dépendra surtout de la pose et du réglage : c’est là que se joue l’écart entre une PAC à 1,8 et une PAC à plus de 4. Choisissez l’installateur avec autant de soin que l’appareil, en comparant les climaticiens de votre ville.

Savez-vous comparer deux pompes à chaleur ?

Quatre questions pour vérifier que vous lirez les devis avec les bons chiffres en tête.

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