Entretien et dépannage
Entretien climatisation obligatoire : qui est concerné en 2026 ?
Une climatisation doit être entretenue tous les deux ans dès que l’installation atteint 4 kW, et certaines doivent en plus passer un contrôle d’étanchéité. Voici comment savoir ce qui s’applique chez vous.
Ce qu'il faut retenir
- Une climatisation dont la puissance nominale totale est comprise entre 4 et 70 kW doit être entretenue par un professionnel au moins tous les deux ans, avec une attestation remise dans les quinze jours.
- Les unités d’un même logement s’additionnent, en retenant pour chacune la plus forte des puissances chaud et froid ; les climatiseurs mobiles ne comptent pas.
- Le contrôle d’étanchéité périodique est une obligation distincte : il vise les équipements contenant au moins 5 tonnes équivalent CO2 de fluide, soit environ 7,4 kg de R32 ou 2,4 kg de R410A.
- L’entretien est à la charge de l’occupant, donc du locataire, sauf clause contraire du bail.
Une chaudière doit être entretenue chaque année, tout le monde le sait. Pour une climatisation réversible, la règle est moins connue, et souvent mal expliquée sur les devis et les contrats. Il existe en réalité deux obligations différentes : un entretien périodique qui dépend de la puissance de l’installation, et un contrôle d’étanchéité qui dépend de la quantité de fluide frigorigène. Voici comment savoir, en quelques minutes, ce qui s’applique à votre logement.
Entretien climatisation obligatoire : la règle des 4 kW
Depuis un décret de juillet 2020, le code de l’environnement impose un entretien périodique des « systèmes thermodynamiques » dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 70 kW. Cette notion couvre tout système qui transfère de la chaleur entre l’extérieur et un bâtiment pour en réchauffer ou en refroidir l’air : la climatisation réversible, le multisplit, le gainable et les pompes à chaleur en font partie. Selon les articles R224-44 et suivants, deux entretiens ne peuvent pas être séparés de plus de deux ans, et le premier doit intervenir au plus tard deux ans après l’installation. Le ministère de la Transition écologique le rappelle dans ses conseils d’économie d’énergie pour l’été : l’entretien de la clim est obligatoire tous les deux ans au-delà de 4 kW.
Au-delà de 70 kW, ce n’est plus un entretien mais une inspection périodique qui s’applique ; cela concerne les bâtiments tertiaires ou collectifs, pas une maison individuelle.
Comment calculer la puissance de votre installation
Le seuil de 4 kW ne s’apprécie pas unité par unité. Selon la foire aux questions du ministère, on additionne les systèmes installés dans un même bâtiment, en retenant pour chacun la valeur la plus élevée entre sa puissance en chauffage et sa puissance en refroidissement. Les appareils mobiles ne sont pas comptés. Si deux installations appartiennent à des propriétaires différents, par exemple deux appartements d’une copropriété, leurs puissances ne s’additionnent pas.
La puissance nominale figure sur la plaque signalétique de l’unité extérieure et dans la notice. Ne vous fiez pas au nom commercial du modèle, qui ne correspond pas toujours à la puissance retenue.
Ce que comprend l’entretien obligatoire
Le contenu de la visite est fixé par un arrêté du 24 juillet 2020. Le professionnel doit notamment :
- vérifier le bon fonctionnement du système et de sa régulation ;
- contrôler l’étanchéité du circuit frigorifique, en examinant les indicateurs et en relevant les pressions ;
- nettoyer et régler ce qui doit l’être (échangeurs, filtres, évacuation des condensats) ;
- vous donner des conseils d’utilisation et, le cas échéant, d’amélioration.
Il établit ensuite une attestation d’entretien dans un délai de quinze jours, avec la liste des points contrôlés et les mesures réalisées. Conservez-la : elle prouve que l’obligation est remplie, et les fabricants conditionnent souvent leur garantie à un entretien régulier.
Pour une installation individuelle, l’entretien incombe à l’occupant : en location, c’est donc au locataire de le faire réaliser, sauf si le bail prévoit autre chose. Pour une installation collective, la charge revient au propriétaire ou au syndicat des copropriétaires.
Contrôle d’étanchéité : une obligation distincte, selon la charge de fluide
Le contrôle d’étanchéité périodique relève d’une autre réglementation, celle des fluides frigorigènes fluorés. Il s’impose aux équipements contenant au moins 5 tonnes équivalent CO2 de fluide : une fois par an, ou tous les deux ans si un système permanent de détection des fuites est installé, puis plus souvent pour les très grosses charges. Il est aussi exigé à la mise en service et après toute modification du circuit. Le ministère donne une conversion utile dans sa FAQ sur les fluides frigorigènes : 5 tonnes équivalent CO2 correspondent à environ 7,4 kg de R32 ou 2,4 kg de R410A.
La plupart des climatisations domestiques récentes, au R32, restent sous ce seuil. Les anciens multisplits au R410A le dépassent plus facilement. Chaque contrôle donne lieu à une fiche d’intervention (formulaire Cerfa 15497) et à une étiquette sur l’appareil.
| Exemple d’installation (charges indicatives) | Puissance retenue | Entretien tous les 2 ans | Contrôle d’étanchéité périodique |
|---|---|---|---|
| Un monosplit de chambre, 2,5 kW en froid et 3,2 kW en chaud, environ 1 kg de R32 | 3,2 kW | Non | Non |
| Deux monosplits identiques dans la même maison | 6,4 kW | Oui | Non |
| Multisplit trois pièces, 8 kW en chaud, environ 2,5 kg de R32 | 8 kW | Oui | Non (environ 1,7 t éq. CO2) |
| Ancien multisplit au R410A, 3 kg de fluide | Selon la plaque, souvent plus de 4 kW | Oui | Oui, tous les 12 mois (environ 6,3 t éq. CO2) |
| Climatiseur mobile | Non comptabilisé | Non | Non, dans la très grande majorité des cas |
Les charges indiquées sont des ordres de grandeur : seule la plaque signalétique de votre unité extérieure fait foi. En cas de doute, le professionnel qui réalise l’entretien peut faire le calcul.
Combien coûte l’entretien, et faut-il un contrat ?
Selon les guides de prix publiés en 2026, l’entretien d’un monosplit coûte le plus souvent entre 100 et 300 € selon la formule, davantage pour un multisplit ou un gainable. Un contrat pluriannuel n’est pas obligatoire : une visite ponctuelle tous les deux ans suffit à respecter la règle. Le contrat a surtout l’intérêt de fixer le calendrier et, parfois, un délai d’intervention en cas de panne.
Avant de signer, vérifiez ce que couvre le prix :
- le nettoyage des unités intérieures (filtres, batterie, turbine) et de l’unité extérieure ;
- le contrôle et le nettoyage de l’évacuation des condensats ;
- les mesures de fonctionnement et l’attestation d’entretien ;
- le déplacement, et les conditions d’un éventuel dépannage.
Toute intervention sur le circuit de fluide doit être réalisée par une entreprise titulaire d’une attestation de capacité, avec des techniciens habilités. Entre deux visites, le nettoyage des filtres reste à votre portée : nous détaillons la méthode dans notre article pour nettoyer le filtre d’une climatisation. Si vous avez aussi une pompe à chaleur air/eau, les mêmes règles s’appliquent, avec quelques spécificités expliquées dans notre article sur l’entretien obligatoire des pompes à chaleur.
En résumé
Additionnez la puissance de vos unités fixes : dès 4 kW, faites passer un professionnel au moins tous les deux ans, de préférence au printemps, et exigez l’attestation. Le contrôle d’étanchéité périodique ne s’ajoute que pour les fortes charges de fluide, ce qui concerne surtout les anciens multisplits. Pour trouver un professionnel habilité près de chez vous, comparez les climaticiens de votre ville à partir de leurs avis Google.
Votre climatisation est-elle entretenue dans les règles ?
Quatre questions pour faire le point sur votre installation et savoir quoi demander à un professionnel.
Sources